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Façade haussmannienne et balcons filants à Paris
Paris 9eSyndics et copropriétésAgir

Désinsectisation en copropriété à Paris : ce que le syndic doit organiser

Le règlement sanitaire de Paris fixe des fréquences pour les locaux à ordures et les conduits. Le reste se joue dans la coordination entre les lots.

En brefLe règlement sanitaire de Paris impose de désinfecter et désinsectiser les récipients et locaux à ordures au moins une fois par an, et de ramoner et nettoyer les conduits de vide-ordures au moins deux fois par an. Le syndic organise ces opérations au titre de l'article 18 de la loi de 1965. Contre les blattes, traiter un lot isolé peut ne pas suffire : une étude américaine sur un immeuble entier a fait passer l'infestation de 49 % à 12 % en 12 mois, contre 47 % à 29 % avec un service classique.
1 fois/anau moins : désinfection et désinsectisation des locaux à ordures, art. 791
2 fois/anau moins : ramonage et nettoyage des conduits de vide-ordures, art. 791
49 à 12 %de logements infestés en 12 mois, traitement coordonné, immeuble américain de 188 logements2
65,5 %des résidences principales du 9e datent d'avant 1919 (INSEE, 2021)3

Désinsectisation d'immeuble : qu'est-ce qui est obligatoire ?

À Paris, la question se règle d'abord par le règlement sanitaire du département, un texte de 1979. Voici les passages utiles, mot pour mot.

« Les récipients à ordures ménagères, leurs emplacements ainsi que les locaux où ils sont remisés doivent être maintenus en constant état de propreté, désinfectés et désinsectisés aussi souvent que nécessaire et au moins une fois par an. » (art. 79)1
« Les conduits de chute des vide-ordures sont ramonés et nettoyés périodiquement et au moins deux fois par an. » (art. 79)1
« Les occupants des logements et autres locaux doivent les maintenir propres et prendre toutes précautions en vue d'éviter le développement et la prolifération des insectes ou vermine (blattes, punaises, moustiques, puces, mouches, etc.). Ils sont tenus de faire désinsectiser et, éventuellement, désinfecter leurs locaux dès l'apparition de ces parasites. Ils ne peuvent s'opposer aux mesures de désinsectisation et de désinfection générales prévues à l'article 23-1. » (art. 121)1

Autour de ces trois passages :

  • Art. 23-2. Gaines de canalisations et emplacements de compteurs « en constant état de propreté et d'entretien », accessibles en permanence ; pas de dépôt d'ordures dans les cours, courettes, porches et allées1.
  • Art. 77. Locaux poubelles clos et ventilés, avec toutes dispositions pour empêcher l'intrusion des rongeurs ou insectes1.
  • Art. 78. Vidoirs en parties communes et leurs abords en constant état de propreté, mesures « sans délai » en cas d'obstruction1.

Ce sont les seules fréquences chiffrées trouvées. Le règlement n'en fixe aucune pour un logement. Annoncer un passage annuel obligatoire dans tout l'immeuble serait donc faux. Côté syndic, l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 le charge « d'administrer l'immeuble, de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien », et en cas d'urgence de faire procéder de sa propre initiative aux travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble4. Nous n'avons trouvé aucun texte qui l'oblige à traiter un logement privatif.

Là où il faut regarder dans un immeuble parisien

Caves et sous-sols

Caves ventilées par soupiraux, cours à sol imperméable : le règlement en fixe les règles (art. 41 et 41 bis)1. Elles ne sont pas en soi un foyer, mais une zone à inspecter.

Local poubelles

Le seul endroit où le texte impose une fréquence annuelle de désinsectisation1.

Vide-ordures

Nous n'avons trouvé aucune source scientifique ou officielle établissant que les blattes montent par là. Le règlement impose le nettoyage, et la suppression peut se voter à la majorité simple, pour des impératifs d'hygiène (art. 24, II, e de la loi de 1965)4.

Gaines et colonnes

Des études américaines décrivent le passage des blattes le long des canalisations, des câbles et des conduits de ventilation56. Aucune étude parisienne ne le mesure, mais la logique vaut pour un immeuble ancien.

Rez-de-chaussée commercial

Dans le 9e, 24,8 % des locaux en rez-de-chaussée sont des lieux de restauration7. Voyez notre page restaurants si l'un d'eux est concerné.

Chambres de service

6 571 dans le 9e en 2013, souvent avec un simple évier et desservies par un escalier de service8. Occupées ou non, ce sont des lots à ne pas oublier dans un plan.

Pour la logique de propagation par colonne et le cas des immeubles anciens, voyez les cafards dans un immeuble parisien.

Cave voûtée en briques, le type de sous-sol où s'installe la blatte orientale
Dans un immeuble ancien, l'inspection commence souvent par ce que les habitants ne voient jamais. Photo : Pixabay, Licence Pexels

Organiser un traitement coordonné

Pourquoi coordonner ? La blatte germanique passe d'un logement à l'autre par les réseaux et les murs communs, et les sprays peuvent repousser les blattes chez les voisins5. Dans un immeuble de 188 logements du New Jersey, un programme à l'échelle de l'immeuble a fait passer l'infestation de 49 % à 12 % en 12 mois, contre 47 % à 29 % avec un service mensuel classique2. L'étude n'est pas parisienne, mais elle dit bien l'enjeu. Pour les punaises de lit, l'Anses recommande de permettre l'accès aux logements attenants, même étage, étage supérieur et inférieur : c'est une recommandation, aucun texte qui l'adopte n'a été trouvé9.

  1. Recenser. Quels lots signalent quoi, à quel étage, sur quelle colonne. Un plan de l'immeuble suffit.
  2. Identifier. Nous confirmons l'espèce : blatte germanique, orientale, ou punaises, car la suite n'est pas la même.
  3. Chiffrer. Le tarif de l'intervention est donné avant l'intervention, par écrit, avec ce qui concerne les parties communes et les lots.
  4. Prévenir. Un mot aux occupants, assez tôt, avec les consignes de préparation.
  5. Traiter. Parties communes et lots concernés, sur une même période.
  6. Relever. Nouveau passage selon ce que montre l'inspection, et compte rendu pour le conseil syndical.

Syndic ou conseil syndical : décrire la situation

Choisissez l'insecte, indiquez le code postal : le message est prêt, il ne reste qu'à l'envoyer depuis votre téléphone.

1. Qu'avez-vous vu ?
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Modèle de mot aux occupants

À adapter, à afficher dans le hall et à glisser dans les boîtes aux lettres. Les passages entre crochets sont à compléter.

Les consignes détaillées sont sur notre page préparer son logement avant une désinsectisation. Au sujet de la facturation, voyez qui paie entre le syndicat, le bailleur et le locataire : en parties communes, les produits sont récupérables, pas la main-d'œuvre1112.

Un nid sur la toiture ou en façade

La toiture est souvent une partie commune, selon un guide de gestion locative : vérifiez votre règlement de copropriété13. Dans ce cas, le syndic fait intervenir l'entreprise et le coût entre dans les charges, indiquent BailFacile et Groupama, sans texte spécifique1314. Le principe général vise le propriétaire de la parcelle15. Deux questions à se poser avant d'appeler :

  • Quelle saison ? Une colonie de guêpes ou de frelons ne vit qu'un an. Détruire un nid sans problème de sécurité à partir de la mi-novembre est « totalement inutile, coûteux et dangereux », d'après le document de la Ville de Paris, avec le complément de Quentin Rome (MNHN)16. En règle générale, les anciens nids ne sont pas réutilisés au printemps16.
  • Quel accès ? La position du nid fait partie des facteurs de prix15. Le passage par une cour ou un appartement voisin se prévoit à l'avance.

Le nid de guêpes au fil de l'année

Repères moyens, ils varient avec la météo. Le mois en cours est marqué d'un point.

Plein été : le pic. Mâles et jeunes reines apparaissent. Les piqûres d'hyménoptères culminent en juillet et août, selon l'Anses.

Sources : Bruxelles Environnement ; Anses, 2025 ; Ville de Paris, 2025.

En cas de danger immédiat pour des personnes, appelez les secours. Si c'est un essaim d'abeilles, appelez un apiculteur : la Ville de Paris renvoie vers le GDSA Val-de-Marne et Seine, 01 48 89 05 15, ou la Société centrale d'apiculture, 01 45 42 29 0817. Pour le reste, voyez guêpes et frelons à Paris 9e.

Toits de zinc et lucarnes de Paris au crépusculePetit nid de guêpes accroché dans un coffre en bois
Toits de Paris et nid sous toiture : l'accès pèse sur l'intervention et sur son coût. Photo : Gökberk Keskinkılıç, Licence Pexels ; Photo : Tdolphin~plwiki, CC BY-SA 4.0

Avec nous : ce que le syndic reçoit

Un interlocuteur au 06 75 36 24 05, un devis écrit avec le détail des parties communes et des lots, le numéro de Certibiocide du technicien sur demande, et un compte rendu de ce qui a été vu. Nous intervenons dans le 9e et les arrondissements qui le touchent, comme le 10e arrondissement ou le 8e arrondissement.

Un immeuble envahi par les cafards depuis 5 ans
France 3 Paris Ile-de-France, vidéo YouTube, se charge au clic

Questions fréquentes

La désinsectisation d'un immeuble est-elle obligatoire ?

À Paris, le règlement sanitaire impose au moins une désinsectisation annuelle des locaux et récipients à ordures, et au moins deux ramonages et nettoyages par an des conduits de vide-ordures. Aucune fréquence n'est fixée pour un logement.

Cafards dans l'immeuble : que doit faire le syndic ?

Il organise l'entretien des parties communes au titre de l'article 18 de la loi de 1965 et peut coordonner un traitement. Nous n'avons trouvé aucun texte qui l'oblige à traiter un logement privatif, mais un traitement limité aux parties communes ne touche pas les foyers situés dans les logements.

Un occupant peut-il refuser l'accès à son logement ?

L'article 121 du règlement sanitaire de Paris indique que les occupants ne peuvent s'opposer aux mesures générales de désinsectisation prévues à l'article 23-1. Pour un conflit, demandez conseil à l'ADIL 75.

Qui paie dans une copropriété ?

Pour les punaises, le coût revient au syndicat et se répartit entre copropriétaires, selon l'INC. Les détails sont sur notre page qui paie.

Faut-il supprimer le vide-ordures ?

La suppression pour des impératifs d'hygiène se vote à la majorité simple (art. 24, II, e de la loi de 1965). Nous n'avons trouvé aucune réglementation parisienne qui l'impose, ni aucune source officielle qui en fasse la cause de vos blattes.

Un nid découvert en hiver sur le toit doit-il être détruit ?

En règle générale non : le nid est vide et n'est pas réutilisé. Seul un danger direct peut justifier une intervention.

Sources (17)
  1. Règlement sanitaire du département de Paris de 1979, Légifrance
  2. Wang et al., programme à l'échelle d'un immeuble de 188 logements, Journal of Integrated Pest Management, 2019
  3. INSEE, recensement 2021, base Logement, calcul par arrondissement
  4. Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 18 et 24, Légifrance
  5. Wang C., German Cockroach, Rutgers, fiche FS1322, 2020
  6. Delaware Public Health District, Cockroach Fact Sheet, 2024
  7. Apur, En 2025, 253 nouvelles activités installées par le GIE Paris Commerces, fiches par arrondissement, mars 2026
  8. Apur, note n° 94, Les chambres de service à Paris, novembre 2015
  9. Anses, Les punaises de lit : impacts, prévention et lutte, avis et rapport d'expertise, juillet 2023
  10. Wang C., Bennett G.W., Cost and effectiveness of community-wide integrated pest management, J. Econ. Entomol., 2009
  11. Décret n° 87-713 du 26 août 1987, annexe, Légifrance
  12. ANIL, Cass. civ. 3e, 10/03/1999, frais de personnel de désinsectisation
  13. BailFacile, Nid de guêpe ou de frelon : locataire ou propriétaire, mise à jour du 22/12/2025
  14. Groupama, Nid de guêpes, mise à jour du 16/07/2026
  15. Signal Frelon Île-de-France, FAQ
  16. Ville de Paris, fiches espèces exotiques envahissantes, avril 2025
  17. Ville de Paris, Biodiversité urbaine : comment Paris préserve les insectes pollinisateurs, 21/04/2022

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