Obligation ou recommandation : ce que disent les textes
Cette distinction vous évitera deux erreurs : croire qu'on n'est tenu à rien, ou signer un contrat présenté à tort comme obligatoire.
| Sujet | Statut | Source |
|---|---|---|
| Méthodes adéquates contre les nuisibles | Obligatoire. Annexe II, chapitre IX, point 4 | Règlement 852/20043 |
| Locaux permettant de lutter contre les nuisibles | Obligatoire. Annexe II, chapitre I, point 2 | Règlement 852/20043 |
| Procédures fondées sur les principes HACCP | Obligatoire. Article 5 | Règlement 852/20043 |
| Éviter toute pullulation d'insectes | Obligatoire à Paris. Art. 152-2, 11° | Règlement sanitaire de Paris4 |
| Contrat avec un prestataire | Non imposé dans les textes lus. Si vous en avez un, il reste à disposition des services de contrôle | L'Hôtellerie-Restauration, 20225 |
| Fréquence fixe de passage | Non imposée dans les textes lus | Idem5 |
| Plan avec au moins une intervention par an | Recommandé. Guide de la DGAL pour les petits établissements de restauration collective, qui ne se présente pas comme un guide de bonnes pratiques officiel | DGAL, 20216 |
Le texte européen tient en une phrase :
« Des méthodes adéquates doivent être mises au point pour lutter contre les organismes nuisibles. » (règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitre IX, point 4)3
Le restaurateur qui sous-traite n'a pas besoin du Certibiocide : c'est le prestataire qui doit l'avoir pour appliquer des biocides réservés aux professionnels7. Si vous voulez le faire vous-même, lisez d'abord les conditions d'emploi : l'étiquette d'un gel autorisé interdit de l'appliquer sur ou à proximité des denrées et des ustensiles8.
Pourquoi le sujet pèse dans le 9e
La rue Cadet et la rue des Martyrs sont présentées comme les plus commerçantes de l'arrondissement9, et les Grands Boulevards en marquent la limite sud. Le 9e compte 24,8 % de restauration parmi ses locaux en rez-de-chaussée, le niveau le plus haut des fiches disponibles pour les arrondissements voisins1. Et 65,5 % des résidences principales y datent d'avant 191910. Cela ne prouve pas qu'il y ait plus de blattes ici : aucune donnée par arrondissement n'existe. Cela explique ce qu'il faut regarder : la cuisine au rez-de-chaussée, la cave en dessous, les logements au-dessus, et les gaines entre les trois.

Quelle blatte avez-vous en cuisine ?
L'espèce oriente la recherche. La blatte germanique préfère les zones chaudes et humides, près de la nourriture, de l'eau et d'abris sombres, et se regroupe volontiers dans les appareils qui chauffent1114. Le gabarit ci-dessous aide à trancher avant de nous appeler. Pour aller plus loin, voyez reconnaître une blatte.
Les quatre blattes, à la même échelle
Touchez une espèce. Les silhouettes sont proportionnelles entre elles ; le corps seul compte pour la taille.
Comment se passe l'intervention, hors service
- Prise de contact. Vous nous dites où et quand vous voyez les blattes, vos horaires de fermeture, et si un contrôle a eu lieu. Le tarif est donné avant l'intervention, par écrit.
- Créneau. Nous cherchons un moment hors service, cuisine vide et denrées protégées.
- Inspection. Plonge, moteurs de froid, arrière des fours, joints, gaines, réserve, cave et local poubelles. Cartons et palettes font partie de l'examen : le guide de la DGAL demande de les retirer avant l'entrée en stock6.
- Traitement ciblé. Le choix se fait au diagnostic. Le guide de la DGAL place les appâts « autant que possible loin des zones de production »6, et les pulvérisations ne sont pas la base : selon l'université de Californie, les appâts contrôlent mieux que les sprays11.
- Pièces écrites. Bon d'intervention, emplacements, produits utilisés.
- Suivi. Nous convenons du prochain relevé, selon ce que montre l'inspection.


Par où les blattes arrivent en cuisine, et trois erreurs à éviter
La blatte germanique est difficile à arrêter à la porte : elle arrive dans les cartons et les sacs de courses, selon Penn State17. D'où la règle de la réserve : on décartonne avant de ranger. Les blattes passent aussi d'un local à l'autre par les réseaux et les murs communs, d'après des études américaines18. Une boutique en rez-de-chaussée ne décide donc pas seule de ce qui lui arrive.
- Pulvériser en urgence. Les pyréthrinoïdes repoussent les blattes18. Vous risquez de les déplacer sans les éliminer, et de compliquer l'inspection.
- Acheter un produit sans étiquette claire. Le dichlorvos est interdit depuis 2013 : 170 intoxications recensées de janvier 2018 à juin 2023, dont 30 lors d'un usage contre les blattes19.
- Croire que tout s'arrête avec le dernier insecte. Les allergènes de blatte persistent plusieurs mois20. Le nettoyage des zones concernées reste à faire, au plan de nettoyage et de désinfection que décrit le guide de la DGAL6.
Le plan de lutte : ce qu'on y met
Le guide de la DGAL décrit trois volets6 : empêcher l'entrée et l'installation, lutter activement par appâts ou pièges, surveiller en permanence avec des mesures renforcées en cas d'infestation. Il attend du contrat qu'il indique le prestataire, interne ou externe, les dispositifs et leur emplacement, le nombre d'interventions et la liste des produits6.
- J'ai un plan écrit, intégré à mon plan de maîtrise sanitaire12.
- J'ai le plan des endroits où sont placés les appâts6.
- Je garde les bons d'intervention et, si j'en ai un, le contrat135.
- J'ai la liste des produits utilisés6.
- Le prestataire est titulaire du Certibiocide nuisibles12.
- Les déchets, les cartons et les palettes sont bien gérés6.
- Les trous et anfractuosités sont repérés et éliminés6.
- Je n'utilise pas de nettoyant ni de pulvérisation sur les points de gel14.
Contrôle, DDPP et Alim'confiance
La DDPP de Paris, 8 rue Froissart, 75003, 01 40 27 16 00, a en charge la sécurité sanitaire des aliments15. Les résultats des contrôles depuis le 1er mars 2017 sont publics pendant un an sur Alim'confiance, selon quatre niveaux16.
À améliorer
L'établissement reçoit une mise en demeure16.
À corriger de manière urgente
L'autorité ordonne la fermeture administrative, le retrait ou la suspension de l'agrément16.
Sur les 12 mois au 04/11/2026, 99 restaurants du 75009 inspectés : 12 « très satisfaisant », 84 « satisfaisant », 2 « à améliorer », 1 « à corriger de manière urgente »2. Ces résultats ne parlent pas des nuisibles en particulier, et ne comptent que les établissements inspectés. Un restaurant n'est pas fermé parce qu'on y a vu une blatte : la fermeture vise les non-conformités susceptibles de mettre en danger la santé du consommateur16.
Commerces, boulangeries, et voisins du 2e et du 10e
Le même raisonnement vaut pour les commerces de bouche : le règlement sanitaire de Paris demande aussi une protection contre les insectes dans les magasins de vente (art. 125-1) et les locaux de préparation (art. 130-5)4. Nous intervenons aussi de l'autre côté des Grands Boulevards, voyez nos pages sur le 2e arrondissement et le 10e arrondissement. Nos autres lieux d'intervention sont sur la page cafards et blattes à Paris 9e. Pour joindre un technicien : 06 75 36 24 05, ou le bouton SMS.
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Questions fréquentes
Un contrat de désinsectisation est-il obligatoire pour un restaurant ?
Non d'après les textes lus. La lutte contre les nuisibles est obligatoire, pas le contrat. Si vous avez un prestataire, le contrat reste à la disposition des services de contrôle.
Combien de passages par an pour un restaurant ?
Aucune fréquence n'est imposée par le règlement 852/2004 ni par le règlement sanitaire de Paris. Le guide de la DGAL pour la restauration collective parle d'une intervention au minimum annuelle. La fréquence se décide dans votre plan, selon ce qu'on observe.
Faut-il fermer le restaurant pendant le traitement ?
Nous cherchons un créneau hors service, cuisine vide et denrées protégées. La consigne de reprise dépend du produit et vous est donnée sur place.
Un restaurant peut-il traiter lui-même ses blattes ?
Il n'a pas besoin de Certibiocide pour un produit grand public, mais les conditions d'emploi limitent l'usage près des denrées. Les produits réservés aux professionnels exigent le certificat.
Une blatte vue en cuisine entraîne-t-elle une fermeture ?
Pas automatiquement. La fermeture administrative vise des non-conformités susceptibles de mettre en danger la santé du consommateur.
Quels documents garder pour un contrôle ?
Le plan de lutte, le plan des appâts, les bons d'intervention, la liste des produits et, si vous en avez un, le contrat.
Intervenez-vous dans les boulangeries et commerces alimentaires ?
Oui, dans notre zone : le 9e et les arrondissements qui le touchent. Voir la zone d'intervention.
Sources (20)
- Apur, En 2025, 253 nouvelles activités installées par le GIE Paris Commerces, fiches par arrondissement, mars 2026
- Alim'confiance, export du jeu de données officiel, extraction du 04/11/2026
- Règlement (CE) n° 852/2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires, EUR-Lex
- Règlement sanitaire du département de Paris de 1979, Légifrance
- L. Le Bouquin, L'Hôtellerie-Restauration, SOS experts : nuisibles, 31/08/2022
- DGAL, Mise en place d'un plan de maîtrise sanitaire, guide pour les petits établissements de restauration collective, septembre 2021
- Ministère de la Transition écologique, notice explicative de l'arrêté Certibiocide, mai 2025
- Anses, décision d'autorisation d'un gel appât, AMM FR-2020-0013, 2025
- Wikipédia, Rue des Martyrs
- INSEE, recensement 2021, base Logement, calcul par arrondissement
- Université de Californie, UC IPM, Cockroaches, Pest Notes, 2019
- L'Hôtellerie-Restauration, Réaliser soi-même le plan de lutte contre les nuisibles
- Académie de Strasbourg, guide PMS, maîtrise des nuisibles
- Potter M.F., Cockroach Elimination in Homes and Apartments, Université du Kentucky, 2018
- Service-Public, annuaire, DDPP de Paris
- Ministère de l'Agriculture, Alim'confiance : les résultats des contrôles sanitaires accessibles à tous
- Jacobs S., German Cockroaches, Penn State Extension
- Wang C., German Cockroach, Rutgers, fiche FS1322, 2020
- Dr C. Quéquet, Blattes : un risque méconnu, La Revue du Praticien, 26/02/2026
- Erban et al., décomposition des allergènes Bla g 1 et Bla g 2 dans les excréments, J. Med. Entomol., 2010


